Le fou de Laylâ : le diwan de Majnûn, traduit , présenté et annoté par André Miquel

Semaine de Saint Valentin oblige (sic), nous évoquerons avec certains de nos étudiants, l’une des plus anciennes légendes du Moyen-Orient: celle de Leili et Majnoun.

Ci dessous, la 4e de couverture  accompagnant une traduction en français réalisée par André Miquel, republiée par les éditions Actes Sud en 2016 et une émission dédiée diffusée sur les ondes de France Culture.

 

Sous ce nom (le Fou, ou le Fou de Laylâ: Majnûn Laylâ) se cache un jeune homme, Qays ibn al-Mulawwah, qui n’a peut-être jamais existé. D’entrée de jeu, il s’agit d’un inextricable duo entre histoire et légende. La première nous dit qu’au désert d’Arabie, dans la seconde moitié du VIIe siècle, circulent des poèmes chantant un amour parfait et impossible. Leurs auteurs, sous divers noms, se veulent, d’une tribu à l’autre, les meilleurs dans le genre, et pour avoir vécu cet amour, et pour le dire. La légende, elle, nous parle d’un jeune homme. Qays, de la tribu des Banû Amir, qui tombe amoureux de sa cousine Laylâ. Tout devrait concourir à leur bonheur: ils n’ont aucune crainte quant à l’accord de leurs familles, portées, comme les autres, à ce type de mariage entre cousins. Mais voilà… Qays est poète, et il décide de chanter son amour à tous vents. Ce faisant, il enfreint une règle majeure du code bédouin. Dès lors, tout s’enchaîne: les refus de la famille, le mariage forcé de Laylâ, son départ de la tribu, Qays sombrant dans la folie et allant vivre avec les bêtes du désert, sa mort enfin, d’épuisement et de douleur. Quel qu’en soit l’arrière-plan social, la légende crée un mythe: celui de l’amour parfait et impossible. De tous les poètes qui l’ont chanté dans l’Arabie de ce temps, Majnûm est sans doute le plus grand. Homme de chair et de sang, ou personnage inventé, il fixe au poème un unique sujet: l’amour dans toutes les variations possibles.

– 4e de couverture –

 

France Culture , Fous d’amour, Question d’islam. Emission du 21/02/2021